Où va notre argent? janvier 2007
Montréal-Québec en avion à réaction
Entre juin et décembre 2006, le premier ministre Charest a dépensé environ 135 000 $ pour se déplacer en avion entre Québec et Montréal.
Jean Charest a utilisé le Challenger du gouvernement une vingtaine de fois à cette fin, ce qui coûte 4 900 $ pour un aller-retour. Comme l'avion n'est pas disponible quand il est utilisé comme ambulance, le premier ministre a dû faire quelques trajets dans un Dash-8 gouvernemental pour environ le même prix. Mais le facture s'élève à seulement 2 000 $ par aller-retour quand il a dû avoir recours à des firmes privées de transport aérien.
L'attaché de presse du premier ministre a déclaré que la décision d'utiliser le Challenger du gouvernement pour voyager entre Montréal et Québec a été prise après avoir constaté que les premiers ministres précédents ne s'en privaient pas. Quoi? C'est une raison valable, ça?
Par ailleurs, le directeur des services aériens du gouvernement affirme que le prix facturé pour les trajets Montréal-Québec dans leur Challenger, soit 4 900 $, ne reflèterait pas le coût réel de l'utilisation de l'appareil. Il serait plus bas selon lui, sans toutefois avancer de chiffres pour appuyer ses dires.
Il soutient également que la facture serait plus élevée que 2 000 $ si Jean Charest avait recours au privé pour tous ses déplacements entre Québec et Montréal. Il explique qu'il faudrait payer davantage pour que l'avion soit disponible en permanence pour le premier ministre. Le lendemain, Jean Charest déclarait pourtant que ses voyages sont planifiés, parfois des mois d'avance.
(Source : La Presse du 27 janvier et du 26 janvier, The Gazette du 27 janvier)
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Contrats militaires controversés
Ottawa s'apprête acheter des avions militaires sans lancer d'appel d'offres pour la quatrième fois en moins de deux ans. Dans tous les cas, le gouvernement fédéral a pu attribuer le contrat à la firme de son choix en affirmant qu'un seul appareil répondait aux exigences de l'Armée canadienne.
Cette fois, le ministère de la Défense nationale aurait l'intention d'acheter 16 avions Spartan C-27J servant à des missions de recherche et de sauvetage. Facture : 3 milliards de dollars. Une compagnie espagnole, membre d'un consortium européen, se plaint de n'avoir pas pu déposer de soumission pour ce contrat. Elle prétend que le ministère de la Défense nationale a élaboré des exigences si spécifiques qu'il exclut injustement leur appareil dès le départ, au profit du Spartan C-27J.
Ce fameux Spartan doit être fabriqué en Italie, mais l'usine appartient à Lockheed Martin. Le Canada s'apprête justement à acheter 17 avions de transport tactique Hercules C-130 à cette même compagnie. Incidemment, la mécanique de cet avion serait si peu fiable que le Pentagone a tenté d'annuler son contrat avec Lockheed Martin!
Pour l'achat de ces appareils, le ministère de la Défense nationale aurait encore évité le processus d'appel d'offres en élaborant des critères si pointus qu'ils éliminaient d'emblée l'avion concurrent fabriqué par Airbus. Le ministère se serait adonné au même manège pour acheter quatre avions cargo C-17 de Boeing qui coûteront 3,4 milliards de dollars.
Depuis 2006, le gouvernement canadien a annoncé des achats d'hélicoptères et d'avions militaires qui totalisent un peu plus de 11 milliards de dollars. On ne peut que frémir. Il est urgent que la vérificatrice générale du Canada fasse la lumière sur les processus qui ont conduits à ces achats.
(Sources : Le Devoir du 27 janvier 2007, The Globe and Mail du 3 janvier 2007 et Le Devoir du 12 décembre 2006)
Ce n'est pas la première fois que la Ligue s'interroge sur les pratiques du gouvernement fédéral en matière d'attributions de contrats. (en savoir plus...)
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Cinq quilles de béton pour 30 000 $
Si vous passez dans l'arrondissement de Montréal-Nord, vous risquez d'apercevoir une des cinq bornes de béton qu'on y a installé pour la modique somme de 30 000 $. Chacune d'elle fait deux mètres de haut et arbore trois rubans verts. À quoi ça sert ? À signaler aux habitants qu'il y a un parc tout près!
Il faut croire que les bureaucrates de l'arrondissement ont jugé que les citoyens ont besoin de bornes à 6 000 $ pour savoir qu'il habitent à proximité d'un parc et par où y accéder. Pourtant, selon le journaliste de La Presse qui a enquêté sur ce délire, le fameux parc est bien visible.
La chargée de communication à l'arrondissement explique que ces bornes sont des « éléments architecturaux signalétiques » et qu'il s'agit d'une « composition plastique, qui invite le visiteur à circuler, à se déplacer dans l'espace ». On croirait entendre un professeur en arts visuels de l'UQAM.
Le maire de l'arrondissement, lui, trouve les bornes bien originales : « vous savez, les monuments, ça ne fait jamais l'unanimité » (hein, ce sont des monuments, ça?), « ce sont des balises, comme des bouées, qui guident les gens. Avant tout, ce sont des éléments décoratifs ».
Le maire paierait-il 6 000 $ pour installer une borne de béton décorative devant son entrée de garage? Cette histoire serait à mourir de rire si ce n'était pas les contribuables qui payaient pour une telle folie.
(Source: La Presse du 26 janvier, avec une photo recadrée de Alain Roberge parue sur le site Cyberpresse.ca)
Réseau routier : une question de priorités
Les élections approchent... Cette fois, le gouvernement du Québec annonce qu'il consacrera 300 millions $ de plus par an au réseau routier, et ce durant les deux prochaines années. Il maintiendra ensuite ce financement jusqu'en 2011.
La somme affectée à la réfection des viaducs, tunnels et ponts de la province augmentera substantiellement pour atteindre 440 millions $ cette année. Autant d'argent sera consacré pour l'entretien des chaussées. Il s'agit indéniablement d'une bonne nouvelle parce que notre réseau routier a trop longtemps été négligé. Par contre, le gouvernement n'a pas l'argent additionnel qu'il s'apprête à dépenser. Il devra en effet l'emprunter. C'est regrettable dans la mesure où nous sommes déjà endettés jusqu'au cou et que d'autres solutions existent.
Le président de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec, Michel Gagnon, en a proposé une. Il est d'avis que le budget actuel consacré aux routes est suffisant, et n'a pas besoin d'être augmenté. Il s'agirait seulement de renoncer à la construction de nouvelles routes pour réaffecter l'argent à la rénovation des structures déjà existantes.
L'idée est excellente, surtout quand on pense que c'est 550 millions $ que le ministère des Transports consacrera à la construction de nouvelles routes. Une augmentation de 25 %! Mais les politiciens préfèrent nous endetter. Prolonger des autoroutes est tellement plus efficace pour acheter des votes!
En décembre dernier seulement, le gouvernement annonçait le prolongement de l'autoroute 20 de Cacouna jusqu'au Bic, dans le Bas-Saint-Laurent. Les travaux débuteront en 2008 et coûteront 825 millions de dollars pour 77 km de route (10,7 millions $ du km!). On apprenait ensuite la construction d'un nouveau tronçon de l'autoroute 50 jusqu'à Thurso, dans l'Outaouais. Six kilomètres coûteront 50 millions de dollars (8,3 millions $ du km).
Le report de ces seuls deux projets permettrait au gouvernement de dégager 900 millions $ pour la réfection du réseau routier et de ses structures. Ne manque que le courage politique…
(Sources : Le Journal de Québec du 25 janvier, La Presse du 25 janvier, dépêche de la Presse Canadienne du 24 janvier, La Presse du 16 janvier, dépêche de la Presse canadienne du 15 janvier, site Web de Radio-Canada section Est-du-Québec au 8 décembre 2006 et Ottawa-Gatineau au 21 décembre 2006)
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Des administrateurs d'hôpitaux pas très futés
L'hôpital de Sept-Îles a payé 500 000 $ pour l'installation d'un nouvel appareil de résonance magnétique. On apprend aujourd'hui que ces travaux auraient dû plutôt coûter 166 000 dollars, soit trois fois moins!
En 2004, le ministère de la Santé avait lancé un appel d'offres pour l'achat de plusieurs appareils de résonance magnétique. Il appartenait cependant à chacun des établissements auxquels ils étaient destinés d'en superviser l'installation.
Sans poser de questions, l'hôpital de Sept-Îles a décidé de faire affaire avec Siemens, le fabricant de l'appareil, qui leur proposait un prix exorbitant. On peut déplorer les pratiques de Siemens, mais même la direction reconnaît qu'il aurait fallu lancer un appel d'offres. Une négligence qui aura privé l'hôpital de 334 000 $, argent qui auraient pu être consacré à l'amélioration des services aux patients.
La direction de l'hôpital Le Royer de Baie-Comeau a été plus vigilante. On s'est tout de suite rendu compte que la facture serait beaucoup trop élevée. L'hôpital négocie alors une réduction du prix avec Siemens et fait installer l'appareil pour 224 000 $. Tout de même, la direction aurait dû payer deux fois moins cher.
Le ministère de la Santé enquête pour savoir si d'autres hôpitaux ont payé trop cher l'installation de leur appareil de résonance magnétique. 10 autres établissements auraient fait affaire avec Siemens.
(Source : site Web de Radio-Canada section Est-du-Québec au 24 janvier - avec un reportage télé de Pierre Duchesne)
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Un complexe sportif dont le prix explose
On le savait déjà : les politiciens et les bureaucrates ne sont pas doués pour respecter les budgets. La construction du complexe sportif de Gatineau doit commencer en décembre, mais déjà la facture a grimpé de 37 %. Les travaux sont maintenant évalués à 47,4 millions $, soit une augmentation de 13 millions $. Mentionnons que Québec et Ottawa contribueront chacun 10 millions de dollars à ce projet.
La ville de Gatineau explique en partie ce dépassement de coûts par la hausse des prix dans l'industrie de la construction depuis l'évaluation d'origine (+ 2,4 millions $). Les politiciens n'ont également pu résister à faire du complexe sportif un projet plus ambitieux. Tout d'abord, le maire a tenu à ce que le complexe sportif soit un édifice écologique certifié par l'organisme LEED, ce qui coûtera 1,7 million $ de plus. La Ville a aussi décidé de construire un troisième gymnase au prix de 1 million $ pour possiblement accueillir des événements sportifs internationaux comme les Jeux panaméricains par exemple. Rien de moins!
Bon, les politiciens de Gatineau viennent d'expliquer des dépassements de coûts totalisant 5 millions $. Or, le projet coûtera 13 millions de plus. À quoi serviront les huit autres millions?! Aux imprévus!
Ce que nous savons par contre, c'est que la Ville devra emprunter l'argent pour couvrir ces dépenses additionnelles. Ce qui n'a pas empêché le conseil municipal de voter à l'unanimité pour aller de l'avant avec le projet de complexe sportif. Or, la dette de Gatineau se chiffre à 423 millions $, l'obligeant déjà à consacrer 17,5 % de son budget au service de la dette. Est-ce responsable?
(Sources : site Web de Radio-Canada section Ottawa-Gatineau au 24 janvier - avec un reportage radio de Rachel Gaulin - et au 13 décembre 2006, Le Droit du 23 janvier)
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Viaduc de la Concorde
« On va avoir une commission Johnson qui enquête sur un seul viaduc, qui est celui de la Concorde, et qui va venir nous dire que des ouvrages comme celui-là, il ne faut pas en faire, alors que ça fait 15 ans qu'on n'en fait plus. (...) À quoi ça va servir tout ça ».
- Citation de Michel Gagnon, président de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec
Rappelons que cinq personnes sont décédées dans l'effondrement du viaduc de la Concorde.
(Source : « Le gouvernement fait fausse route en matière de viaducs », Pierre St-Arnaud, dépêche de la Presse Canadienne, 15 janvier 2007)
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Hydroélectricité : déjà des dépassements de coûts
Le projet de développement hydroélectrique Eastmain–1–A / dérivation Rupert vient tout juste d'être lancé, mais on sait déjà qu'il coûtera plus cher que prévu. Le projet, qui était évalué au départ à 4 milliards de dollars, se chiffre maintenant à 5 milliards $. En d'autres termes, les travaux n'étaient même pas commencés que la facture totale avait grimpé de 25%!
Les dépassements de coûts sont devenus une fâcheuse tradition au Québec. Étant donné les sommes en jeu, espérons que ce chantier ne nous réserve pas d'autres surprises…
(Source : La Presse du 12 janvier)
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22 000 $ pour deux cérémonies en 6 mois
Les politiciens aiment les cérémonies. Ça fait de belles photos. En mai 2006, le ministre des Transports réunissait le caucus des députés libéraux sur le boulevard du Vallon, à Québec, pour annoncer le parachèvement de cette autoroute urbaine.
Prix de la cérémonie : 12 016 $.
Six mois plus tard, soit en novembre, le gouvernement tenait une autre cérémonie pour marquer l'inauguration de cette même autoroute (rebaptisée autoroute Robert-Bourassa). Cet événement a coûté 10 300 $.
Regardons en détail cette dernière facture…
Tout d'abord, les bureaucrates avaient oublié les ciseaux pour couper le symbolique ruban et quelqu'un a dû se précipiter dans un magasin pour en acheter : 39,82 $.
Les bureaucrates ont également loué deux minitrains avec chauffeurs pour emmener petits et grands sur le bitume tout neuf : 2 500 $.
Le système de sonorisation -- essentiel du point de vue d'un politicien pour diffuser les discours prononcés -- a été loué à une entreprise privée pour 7 540 $. Cette somme comprenait la location de trois drapeaux du Québec. Pour la sonorisation de la cérémonie de mai, les bureaucrates avaient fait appel à leurs confrères de la Direction générale de l'information gouvernementale. La mise en place du système n'avait alors coûté que 405 $!
Les autres dépenses comprennent le lunch pour les animateurs de l'événement (175 $), de l'eau, des jus de fruit et du café (129 $). Mais une dizaine de chanceux ont eu droit à des cafés «veloutés» Krispy Kreme (12,52 $).
(Source : Le Journal de Québec du 10 janvier)
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65 000 $ pour une banane volante...
... et des millions pour l'art visuel
Accepteriez-vous de donner quelques dollars pour la réalisation
d’une banane géante de 300 m qui volerait au-dessus du Texas durant un mois? En réalité,
vous n’avez pas le choix, c’est déjà fait! Le Conseil des arts et des lettres
du Québec (CALQ) ainsi que le Conseil des arts du Canada ont octroyé 64
800 $ de vos impôts à ce projet de l’artiste montréalais César Saëz (respectivement
15 000 $ et 49 800 $).
Par ailleurs, ce n'est rien comparé à ce que le CALQ a accordé l'an dernier en bourses à des artistes professionnels dans le domaine de l'architecture, des arts médiatiques, des arts visuels et des métiers d'art, soit 4,5 millions de dollars! Pour sa part, le Conseil des arts du Canada leur a octroyé près de 4,8 millions $ en 2003-2004. (lire le commentaire...)
Avec 65 000 $, on pourrait acheter 50 000 kg de vraies bananes pour le Club des petits déjeuners du Québec. Le Club sert des repas tous les matins à 14 250 enfants dans 199 écoles de la province.
(Calcul : prix des bananes au supermarchré soit à 1,30 $ le kg ou 59 ¢ la livre)
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Nous soignons le « moi intérieur » des bureaucrates
En 2005, les directeurs, sous-ministres et sous-ministres adjoints
du ministère de l'Éducation ont assisté à 96 cours ou conférences qui ont coûté
18 000 $ aux contribuables. Le hic est que plusieurs de ces cours ressemblent
davantage à du développement personnel qu’à du perfectionnement professionnel.
Par exemple, un bureaucrate a participé à un atelier intitulé « Développer
l'affirmation de soi » pour la modique somme de 650 $.
« Osez être heureux au travail », petit-déjeuner causerie « Leader : Qui suis-je? » ou dîner-conférence « L'intelligence émotionnelle » sont d’autres exemples d’activités de développement choisis par les bureaucrates du ministère.
Les contribuables ont également payé un cours de préparation à la retraite à neuf de ces bureaucrates. Au programme : quoi faire pour rester en santé, comment vaincre l’isolement ou quoi faire une fois à la retraite. Ce cours est toutefois offert à tous les employés de la fonction publique.
Ha, intéressant! En supposant que le prix de cet atelier soit le même pour les bureaucrates du ministère que pour les autres employés de la fonction publique, nous avons calculé que leurs cours de préparation à la retraite auraient coûté près de 139 695 $ aux contribuables québécois en 2005.
Le prix du cours est de 77 $ par personne, environ. Voilà qui semble raisonnable à première vue. Si on calcule le coût de cet atelier pour les employés du ministère de l’Éducation seulement, on arrive à une facture de 695 $. Pas de quoi fouetter un chat, n’est-ce pas? Mais selon nos recherches il y a eu 1 809 départs à la retraite dans la fonction publique en 2005, ce qui ferait au bout du compte 139 695 $.
C’est dire à quel point toute dépense compte, si insignifiante puisse-t-elle paraître, parce que le gouvernement du Québec est une grosse bureaucratie avec ses 22 ministères et 194 organismes publics. On a parfois tendance à l’oublier.
(Sources : Le Journal de Montréal du 8 janvier pour la nouvelle, nos recherches pour le nombre de retraités dans le secteur publique en 2005 et l’Observatoire de l'administration publique - ENAP pour le nombre de ministères et organismes au Québec)
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Programme d'étude sous respirateur
Le
Cégep de Saint-Hyacinthe offre une formation spécialisée en production
textile, mais n’est pas arrivée à recruter un seul étudiant québécois en
trois ans. Pour maintenir le programme en vie, certains membres de la direction
du Cégep de Saint-Hyacinthe ont eu l’idée de faire venir 12 étudiants de
l’étranger, toutes dépenses payées : formation, logement, et autres frais
de subsistance. Il en coûte environ 20 000 $ par année par élève. On ne
sait pas encore par qui ou comment ces 240 000 $ seront payés.
Plus précisément, le Cégep aurait loué deux appartements de 4 pièces ½ pour 1 500 $ par mois, ainsi que deux chambres privées. Il aurait même acheté des meubles. Le Cégep acquitte aussi les factures d’électricité et verse une allocation de 80 $ par semaine à chaque étudiant. On irait même jusqu'à payer leur taxi quand, par exemple, ils se rendent chez le médecin.
(Sources : Le Journal de Montréal du 8 janvier et Le Courrier de Saint-Hyacinthe du 27 décembre 2006)
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Un Guantanamo du Nord pour 3 millions $
Le ministère de la Sécurité publique du Canada a construit une prison
pour détenir des présumés terroristes à Kingston. Appelée « Centre de
surveillance de l’immigration », cette prison comporte six cellules,
mais ne compte que trois prisonniers.
La construction de cette prison, inaugurée en 2006, aura coûté 3,2 millions de dollars aux contribuables. C’est d’ailleurs trois fois plus que prévu. Pour expliquer les dépassements de coûts, des responsables du projet auraient invoqué le boom dans l’industrie de la construction, le temps froid et des « ajustements mineurs »…
Les dépenses ne s’arrêtent pas là. Service correctionnel Canada estime que les frais d’exploitation annuels s’élèveront à environ 2 millions $, dont 1,6 million $ en salaire seulement! Le pire, c’est que la construction d’une prison spéciale pour détenir des personnes en vertu d’un certificat de sécurité n’était sans doute pas nécessaire. Un consultant en matière de sécurité nationale est en effet d’avis qu’on aurait pu les garder dans une prison existante.
Les trois détenus du Centre de Kingston sont emprisonnés depuis juin 2000, août 2001 et octobre 2001. Rappelons que l’affaire Maher Arar, ce Canadien injustement accusé d’être lié à Al-Qaeda, aura coûté 5 millions de dollars à la GRC seulement La bêtise bureaucratique a aussi un coût humain.
(Source : La Presse du 5 janvier)
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Nous venons d'épargner 400 millions!
Bonne
nouvelle! Le gouvernement fédéral n'accordera pas les 400
millions nécessaires à la construction d’un nouvel édifice pour le Musée
de la science et de la technologie à Ottawa. Le musée continuera donc d’occuper
son bâtiment actuel, jugé « inadéquat »
par les dirigeants de l’institution pour mettre la collection en valeur.
Mais qui d’entre nous n’aimerait pas se faire construire une nouvelle maison,
plus grande, plus belle?
Tout n’est pas perdu pour les partisans d’un nouvel édifice, car ils peuvent explorer d’autres solutions que la subvention. On dit qu’ils pourraient trouver des bienfaiteurs parmi les nombreuses compagnies d’informatique établies dans la région d’Ottawa. Ils peuvent aussi chercher des partenaires dans le secteur privé. Il serait également possible d’agrandir le bâtiment existant plutôt que d’en bâtir un nouveau. Et, en attendant, des parties de la collection peuvent être prêtées à d’autres musées, comme par exemple le Musée canadien de l’aviation.
Nous souhaitons aux partisans du musée beaucoup de succès dans leurs démarches. Rien ne nous ferait plus plaisir que leur projet se réalise sans subvention du gouvernement!
(Source : Ottawa Citizen du 4 janvier)
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Lire les nouvelles de décembre 2006 : gros cadeau à la présidente du Conseil du statut de la femme -- des bretelles d'autoroute jamais utilisées -- des routes, encore des routes -- prêt de 5 millions $ à la SONACC -- un caprice de 6000 $ -- un chauffeur pour le sénateur -- une taxe sur la mort -- irrégularités dans l'attribution de contrats -- le radar photo sera parmi nous...
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