Ligue des contribuables du Québec

Où va notre argent? avril 2007

62 000 $ pour 75 bacs inutilisés
Parce qu'il manquait de poubelles au palais de justice de Montréal, la Société immobilière du Québec* (SIQ) a décidé d'y installer 75 bacs de recyclage multimatères. Ils ont couté 839 $ chacun, pour un total de 62 000 $!

Et tout ce que les gens y jettent se retrouve aux poubelles, quatre mois après leur installation! Le directeur des communications de la SIQ explique que les chariots des employés d'entretien n'ont pas encore été modifiés pour récolter les matières recyclées. Il avoue également que le recyclage du verre et des canettes sera abandonné, soi-disant parce que les gens les jetaient dans la partie réservée au papier. Les bacs à 839 $ devront donc être modifiés pour qu'une partie serve dorénavant de poubelle conventionnelle. Pour l'instant, le trou est trop petit, ce qui fait que plusieurs personnes laissent leurs déchets sur le dessus du bac ou même par terre…

* La SIQ gère le parc immobilier du gouvernement du Québec à l'exception des établissements des réseaux de la santé et de l'éducation

Source : La Presse du 24 avril 2007 (Ariane Lacoursière).

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Généreuses primes dans le secteur public

Bien que notre système d'éducation soit en piteux état dans bien des régions, les directeurs généraux et directeurs adjoints de commissions scolaires ont reçu l'an dernier de généreux bonis.

103 gestionnaires ont ainsi empoché une prime de 6 495 $ en moyenne. Rien de moins! Cette somme s'ajoute, bien sûr, à leur salaire qui varie entre 90 000 $ et 150 000 $ par année.

Décidément, les bonis sont à la mode dans le secteur public. Les gestionnaires du réseau de la santé ont eux aussi droit à des primes. L'an dernier, 8 722 administrateurs ont reçu 1 628 $ chacun en moyenne, pour un total de 14 millions $ de nos taxes et impôts... en hausse de 350 000 $ par rapport à l'année précédente! De quoi nous laisser perplexe.

Sources : dépêche de la Presse canadienne du 19 avril 2007 (selon une nouvelle de TQS) et Le Journal de Montréal du 22 janvier 2007 (Éric-Yvan Lemay).

Coquetterie chère payée

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a une styliste qui s'occupe de sa garde-robe et veille à son apparence générale. Si vous croyez qu'il s'agit d'un potin, sans plus, détrompez-vous! Ce sont les contribuables qui paient son salaire!

Eh oui, cette styliste fait partie du personnel gouvernemental de M. Harper. Elle l'accompagne aussi lors de ses voyages à l'étranger ou de ses déplacements au pays. Il semblerait cependant que ce soit le Parti conservateur qui assume les frais de déplacement de cette conseillère en image. Mais jusqu'à maintenant, personne ne connaît le salaire qui lui est accordé, car les journalistes n'ont pas réussi à trouver un seul document se rapportant à l'emploi de cette mystérieuse styliste.

Source : dépêche de la Presse canadienne du 18 avril 2007.

Impitoyable pusher

Santé Canada permet actuellement à 1 742 Canadiens de posséder de la marijuana à des fins thérapeutiques. Beaucoup d'entre eux ont l'autorisation de cultiver la plante, mais cette pratique sera interdite dès 2008. Ils devront donc s'approvisionner auprès du gouvernement fédéral.

Or, on apprend que le gouvernement n'hésitait pas à revendre sa marijuana certifiée 15 fois plus cher qu'il ne l'a payée à son fournisseur, Prairie Plant Systems! Pas étonnant que plus du tiers des patients s'approvisionnant auprès de Santé Canada aient des arriérés de paiement. Déjà, le gouvernement a cessé de livrer de la marijuana à certains malades incapables de régler la facture.

Source : dépêche de la Presse canadienne du 16 avril 2007.

Protection des fonctionnaires dénonciateurs

Les nouvelles dispositions de la Loi fédérale sur la protection des fonctionnaires divulgateurs d'actes répréhensibles sont finalement entrées en vigueur le 15 avril dernier. Elles visent à protéger les employés fédéraux contre les représailles lorsqu'ils dénoncent les fraudes ou négligences dont ils sont témoins au sein de l'appareil gouvernemental. Des sanctions sont aussi prévues pour les personnes qui tenteraient de décourager les divulgations ou encore d'entraver les enquêtes.

De lois pour encourager la dénonciation existent aussi dans quatre provinces canadiennes, soit au Nouveau-Brunswick, en Ontario, en Nouvelle-Écosse et en Saskatchewan. Le Québec n'offre toujours aucune protection légale à ses fonctionnares souhaitant attirer l'attention sur les irrégularités dont ils découvrent l'existence. La Ligue milite activement pour l'adoption d'une telle loi.

Sources : site Web de Radio-Canada section Politique au 15 avril 2007 et site Web de CBC News au 14 décembre 2006.

Nous soignons le « moi intérieur » des bureaucrates (2)

L'Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale a déboursé la rondelette somme 32 715 $ pour offrir des déjeuners de motivation à son personnel. Les causeries ont pour thème « Se connaître mutuellement » ou « Savoir utiliser le temps ». Il ne s'agit pas d'un cas isolé, au contraire!

La pratique est très répandue chez les bureaucrates. Par exemple, en 2005, les directeurs, sous-ministres et sous-ministres adjoints du ministère de l'Éducation ont assisté à 96 cours ou conférences qui ont coûté 18 000 $ aux contribuables. Le hic est que plusieurs de ces cours ressemblent davantage à du développement personnel qu'à du perfectionnement professionnel. Un bureaucrate a ainsi participé à un atelier intitulé « Développer l'affirmation de soi » pour la modique somme de 650 $.

« Osez être heureux au travail », petit-déjeuner causerie « Leader : Qui suis-je? » ou dîner-conférence « L'intelligence émotionnelle » sont d'autres exemples d'activités de développement choisis par les bureaucrates du ministère.

Les contribuables ont également payé un cours de préparation à la retraite à neuf de ces bureaucrates. Au programme : quoi faire pour rester en santé, comment vaincre l'isolement ou quoi faire une fois à la retraite. Ce cours est toutefois offert à tous les employés de la fonction publique.

Ah, intéressant! En supposant que le prix de cet atelier soit le même pour les bureaucrates du ministère que pour les autres employés de la fonction publique, nous avons calculé que leurs cours de préparation à la retraite auraient coûté près de 139 695 $ aux contribuables québécois en 2005.

Le prix du cours est de 77 $ par personne, environ. Voilà qui semble raisonnable à première vue. Si on calcule le coût de cet atelier pour les employés du ministère de l'Éducation seulement, on arrive à une facture de 695 $. Pas de quoi fouetter un chat, n'est-ce pas? Mais selon nos recherches il y a eu 1 809 départs à la retraite dans la fonction publique en 2005, ce qui ferait au bout du compte 139 695 $.

C'est dire à quel point toute dépense compte, si insignifiante puisse-t-elle paraître, parce que le gouvernement du Québec est une grosse bureaucratie avec ses 22 ministères et 194 organismes publics. On a parfois tendance à l'oublier.

Sources : Le Journal de Québec du 14 avril 2007 (Michel Hébert), Le Journal de Montréal du 8 janvier 2007 (Jean-Philippe Pineault), nos recherches pour le nombre de retraités dans le secteur publique en 2005 et l'Observatoire de l'administration publique (ENAP) pour le nombre de ministères et organismes au Québec.

Les politiciens passent, les factures restent!

Les contribuables de la ville de Québec ont eu une bien mauvaise surprise. La Ville devra en effet débourser entre 500 000 $ et 750 000 $* pour accueillir, à ses frais, le congrès de la Fédération canadienne des municipalités en 2008. La mairesse Boucher affirme que l'engagement avait été pris par son prédécesseur, mais qu'elle est néanmoins obligée d'honorer cette promesse.

Malheureusement, les contribuables doivent souvent subir les conséquences de décisions prises par des politiciens qui ne sont plus au pouvoir depuis longtemps! En voici un exemple. Durant une période de huit ans qui a débuté au milieu des années 1980, deux gouvernements successifs se sont emparés d'un total de 2,2 milliards $ en pigeant dans les surplus de la Société d'assurance automobile du Québec. C'était un moyen commode de combler leurs déficits budgétaires. Aujourd'hui, nous connaissons une hausse astronomique du prix du permis de conduire parce que les coffres de la SAAQ sont à sec. Le prix de l'immatriculation de certaines motocyclettes va même quadrupler!

Le pillage a commencé durant le règne de Robert Bourassa et de son ministre des Finances, Gérard D. Lévesque. La pratique s'est poursuivie lorsque Lucien Bouchard est arrivé au pouvoir, bien qu'il ait mis fin au manège quelques années plus tard. À qui les contribuables pourraient-ils demander des comptes?

Les politiciens passent, mais les contribuables, eux, se retrouvent toujours avec les factures. C'est pourquoi il ne faut pas se contenter de protester devant un fait accompli. Il faut agir pour prévenir le gaspillage et les gâchis. C'est l'approche préconisée par la Ligue des contribuables du Québec.

Source pour la nouvelle : Le Journal de Québec du 14 avril 2007 (Régys Caron).

*Dans un article plus récent du Journal de Québec (10 mai 2007), on parle d'une somme de 50 000 $ qui a été votée par le Conseil municipal. En ce moment, il n'est pas clair s'il s'agit de la totalité de la somme à débourser par la Ville, ce qui voudrait dire que l'estimation initiale était erronée, ou au contraire d'une partie de la facture seulement.

Élus boulimiques

La ville de Gatineau se retrouve avec un surplus de 11,2 millions $ pour 2006, grâce à la vigueur du marché immobilier. Dire que la Ville a instauré cette année une nouvelle taxe de 25 $ pour les propriétaires d'une piscine!

Les Gatinois auront-ils droit à une réduction de leurs taxes foncières? Non.

Le surplus servira-t-il à réduire la monstrueuse dette de la Ville qui se chiffre à 410 millions $? Non plus.

Les politiciens de Gatineau ont plutôt décidé de dépenser l'argent, tels des enfants ne pouvant résister devant une montagne de friandises. Ils ne s'entendent toujours pas sur la liste des projets à financer et s'entre-déchirent ces temps-ci lors des réunions du conseil municipal.

Source : Le Droit du 11 avril 2007.

Télémarketing et bureaucratie

Le registre canadien des numéros de téléphone interdits aux firmes de télémarketing, ça vous dit quelque chose? Le 13 décembre 2004, le gouvernement fédéral déposait un projet de loi visant la création de ce registre. On nous disait à l'époque qu'il serait mis sur pied en un an. On l'attend toujours!

Le CTRC, qui assume la responsabilité du registre, espère maintenant qu'il sera prêt vers juin 2008. Les experts se montrent toutefois sceptiques. De leur côté, les États-Unis ont réussi à mettre sur pied leur registre en seulement trois mois...

Source : Toronto Star du 4 avril 2007 (Carol Goar).

Primes aux dirigeants et syndiqués d'Hydro-Québec

Les hauts dirigeants, cadres et syndiqués d'Hydro-Québec se partageront cette année des primes totalisant 37,3 millions de dollars. Un syndiqué pourra s'attendre à recevoir un chèque de 3 000 $, et les cadres encore davantage. Cette nouvelle en a choqué plusieurs.

La vérité et que nous savons peu de choses sur la manière dont Hydro-Québec est gérée. En effet, le Québec est la seule province canadienne qui ne permette pas au vérificateur général d'enquêter librement sur les pratiques de gestion des sociétés d'États! La Ligue demande, et ce depuis sa création, que le gouvernement corrige immédiatement cette situation inacceptable.

Il faut que les citoyens aillent l'heure juste en ce qui concerne Hydro-Québec et les autres sociétés d'État. Qui sait si des scandales comme ceux impliquant récemment la Société des alcools du Québec ou la SONACC auraient pu être évités? (en savoir plus les demandes de la Ligue en écoutant une des entrevues que nous avons données à la radio, notamment à Gilles Proulx).

Source pour la nouvelle : Le Journal de Québec du 2 avril 2007 (Michel Hébert).

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Lire les nouvelles de mars 2007 : une pension de 113 200 $ à 57 ans -- 1,5 million $ d'argent public pour une pub -- dette cachée de 6 milliards de dollars? -- le prix de l'aventure afghane -- notre système de santé dysfonctionnel -- un baptême de 2 millions $ -- bonjour la fraude! -- mauvaise surprise -- notre système de santé bureaucratique -- dépenses d'un aristo-bureaucrate fédéral -- enquête sur des contrats militaires -- voyages privés subventionnés -- rêveries dispendieuses...