Ligue des contribuables du Québec

Où va notre argent? 2007

Ex-députés en désintox : vous payez!
Il semblerait que certains députés sombrent dans l'alcoolisme ou la toxicomanie après une défaite électorale. Nos politiciens ont donc décidé que les anciens parlementaires pourront dorénavant se faire soigner aux frais des contribuables. Ils profiteront ainsi du programme d'aide qui existait déjà pour les employés de l'Assemblée nationale.

Aider son prochain se trouvant en état de détresse psychologique est certainement louable. Mais est-ce aux contribuables de payer la facture dans ce cas-ci? (Allez poser la question aux personnes qui perdent leur emploi et qui n'ont pas accès à un service gratuit de soutien psychologique!)

Il faut d'abord savoir que les politiciens défaits aux élections ne repartent pas les mains vides. Ils ont droit à une allocation de transition. Cette allocation peut atteindre 80 000 $ pour un député et 140 000 $ pour un ministre qui a siégé durant 6 ans à l'Assemblée nationale. La plupart d'entre eux ont sans doute les moyens de se payer l'aide professionnelle dont ils besoin.

En outre, nos politiciens et ex-politiciens auraient pu créer un organisme sans but lucratif dont la mission aurait été d'aider leurs anciens confrères en détresse. Un tel organisme, ne recevant aucune subvention, existe pour les professionnels du domaine des communications (voir le site du BECLe Bénévolat d'entraide aux communicateurs). Mais il aurait fallu que nos politiciens contribuent personnellement à un tel organisme, en y investissant temps et/ou argent. C'est évident : piger dans les poches des contribuables est beaucoup plus facile!

Source pour la nouvelle  : Le Journal de Montréal du 3 décembre 2007 (Mathieu Boivin).

Un secret d'État à 100 $ (ou moins?)

En février 2007, le ministre des Affaires étrangères du Canada recevait au pays son homologue américaine Condeleezza Rice. Il lui offre alors quelques cadeaux : un coffret pour CD, quatre disques compacts et une bouteille de vin de glace. Mais impossible de savoir le nom de ce vin ni son origine. Pourquoi? Parce que cette révélation risquerait de porter préjudice à la conduite des affaires internationales du Canada! Non, ce n'est pas une blague!

C'est la raison invoquée par le gouvernement fédéral pour refuser de dévoiler le prix du vin à un journaliste de La Presse qui le demandait. Il s'agit d'un bel exemple de l'utilisation abusive que peuvent faire les pouvoirs publics de certaines clauses de la Loi d'accès à l'information.

Dans ce cas-ci, le ministère des Affaires étrangères a invoqué l'article 15 (1) de la loi qui stipule que « le responsable d'une institution fédérale peut refuser la communication de documents contenant des renseignements dont la divulgation risquerait vraisemblablement de porter préjudice à la conduite des affaires internationales, à la défense du Canada ou d'États alliés ou associés avec le Canada ou à la détection, à la prévention ou à la répression d'activités hostiles ou subversives ».

Cet incident cocasse a de quoi inquiéter cependant. S'ils n'hésitent pas à censurer le prix d'une bouteille de vin, les politiciens ou les bureaucrates nous diront-ils la vérité sur des dépenses de centaines de millions dollars? C'est troublant.

Nous faisons à la Ligue des nombreux appels chaque mois pour obtenir des renseignements d'intérêt public auprès des différents gouvernements. La plupart des fonctionnaires nous répondent rapidement et font de leur mieux pour nous aider. Mais quelques individus arrogants nous font oublier la bonne volonté des autres.

Tout mépris pour le droit à l'information ne doit pas être toléré et devrait être sévèrement sanctionné. Et les politiciens pourraient commencer par donner l'exemple! Au Québec, impossible de connaître le montant de la pension ou de l'allocation de transition que touche les députés. Impossible aussi d'obtenir tout renseignement relatif à leurs comptes de dépenses. Cela doit changer.

Source : La Presse du 8 novembre 2007 (Gilles Toupin).

Le meilleur système de santé au monde (hum)

Un sondage mené dans sept pays montre que c'est au Canada que les patients doivent attendre le plus longtemps pour voir un médecin de famille, ou encore pour subir une intervention chirurgicale « non urgente ».

Le sondage a comparé la situation de 12 000 patients vivant au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Nouvelle-Zélande, en Australie et en l'Allemagne. L'enquête a été commandée par le Fonds du Commowealth, une fondation américaine militant pour une plus grande accessibilité aux soins de santé dans ce pays. Elle a été réalisée au printemps 2007.

Le sondage nous apprend donc que seulement 22 % des Canadiens malades ont obtenu un rendez-vous avec un médecin le jour même. 30 % d'entre eux ont dû attendre six jours ou plus, de loin la proportion la plus élevés parmi les pays faisant partie de l'enquête. Deux tiers des Canadiens ont affirmé également qu'il est difficile d'obtenir des soins le soir, le week-end ou les jours fériés.

Toujours selon ce sondage, 60 % des Canadiens interrogés estiment que des changements importants doivent être apportés à notre système de santé. 12 % sont d'avis qu'il doit être complètement repensé.

Pendant ce temps, la plupart des politiciens continuent de claironner que notre système de santé bureaucratique est le meilleur au monde! Vous voulez rire?

Sources : 2007 International Health Policy Survey in Seven Countries et Presse Canadienne du 1er novembre 2007.

Les coffres du fédéral débordent!

Le gouvernement fédéral a amassé un surplus de 14 milliards de dollars au cours de la dernière année financière. Une bonne nouvelle? Pas autant qu'on pourrait le croire... Et cela prouve que nous sommes surimposés et surtaxés!
Écoutez nos explications en capsule audio.

Un autre détournement de taxes

Le gouvernement fédéral empoche le surplus généré par la taxe sur la sécurité aérienne des passagers et l'utilise comme bon lui semble. Ce surplus aurait atteint la somme de 434 millions $ entre 2002 et 2005 seulement! Malheureusement, il n'est pas rare que nos gouvernements s'adonnent au détournement de taxes.

Écoutez nos explications en capsule audio.

Source : Site Web du journal Les Affaires au 13 septembre 2007 (Olivier Schmouker).

Absentéisme au Sénat

Pas étonnant que certains sénateurs ratent souvent des séances du Sénat, car certains ont un autre emploi à temps plein! Et pourtant nous leur versons un salaire! Écoutez notre capsule audio détaillant cette aberrante situation.

Source : Ottawa Citizen du 7 septembre 2007 (Jack Aubry).

Deux bonnes nouvelles (ça arrive!)

Cure minceur pour le lieutenant-gouverneur
Le gouvernement du Québec a tiré des leçons du scandale entourant les dépenses de Lise Thibault, ex-lieutenant-gouverneur du Québec. Le budget de son successeur a été réduit de 300 000 $ et passe donc de 1 millions de dollars à 700 000 $ par an. L'allocation de logement du nouveau lieutenant-gouverneur a aussi été réduite de moitié. Elle s'élève maintenant à 24 000 $ par an.

Des sociétés d'État fédérales plus transparentes
Depuis le 1er septembre, sept sociétés d'État fédérales doivent se conformer à la loi canadienne d'accès à l'information. C'est une bonne nouvelle, bien que certains renseignements restent hors de portée du public.

Plus de détails sur cette dernière nouvelle dans une capsule audio.

Source : Presse canadienne du 6 septembre 2007 et du 31 août 2007 (Dan Beeby).

Bureaucratie et aide humanitaire

Le Canada consacrera un milliard de dollars en dix ans à des actions d'aide humanitaire en Afghanistan. Mais les résultats concrets se font attendre, pendant que les afghans vivent dans la misère et le dénuement. Où va tout cet argent?

Écoutez notre capsule audio qui fait le point sur la question.

Sources : The Globe and Mail et Presse canadienne du 31 août 2007.

Gaspillage au ministère de la Défense

Le ministère de la Défense mérite un prix citron pour sa mauvaise gestion de l'argent des contribuables... Déjà quatre rapports dévastateurs et une enquête de la vérificatrice générale du Canada depuis le début de l'année!

Écoutez notre capsule audio pour en apprendre davantage sur les rapports accablants rendus publics cette année. Voir également l'enquête de la vérificatrice générale du Canada qui portera sur l'acquisition de matériel militaire d'une valeur de 17 milliards $ au total.

Sources : The Globe and Mail du 30 août 2007 (Daniel Leblanc), site Web de Radio-Canada (section Québec) au 22 mars 2007, Le Soleil du 15 janvier 2007 (Élisabeth Fleury).

Quand se faire soigner est un combat

Des millions de dollars ont été investis pour améliorer la situation dans les urgences du Québec, mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. C'est ce que nous apprend le deuxième palmarès des urgences établi par La Presse au début de l'été.

On constate que la situation ne s'est pas améliorée dans 75 % des hôpitaux, voire s'est détériorée. Le temps moyen que passe un patient sur une civière, avant d'être hospitalisé ou d'obtenir un congé, dépasse maintenant 16 heures. L'objectif fixé par le ministère de la Santé est de 12 heures, mais seulement un tiers des établissements l'atteignent.

Découvrez comment se classe l'hôpital le plus près de chez-vous en consultant cette copie du palmarès des urgences 2007 (en format pdf).

Sources : La Presse du 11 juin 2007 (Pascale Breton).

Notre argent à Trinité-et-Tobago

Ce n'est pas une blague : le gouvernement fédéral, par l'entremise du Programme d'aide au renforcement des capacités anti-terroristes, a accordé une subvention de 260 000 $ afin qu'un spécialiste canadien de la sécurité soit dépêché à Trinité-et-Tobago.

Celui-ci a été chargé de coordonner la sécurité... dans les pays hôtes de la 9e Coupe du monde de cricket! Cet événement s'est déroulé dans plusieurs pays des Antilles en avril et mai 2007.

Source : divulgation proactive des octrois de subventions supérieures à 25 000 $, site Web des Affaires étrangères et Commerce international Canada.

Nos bureaucrates pratiquent le yoga du rire

Quel genre de perfectionnement professionnel offre-t-on aux employés de la fonction publique québécoise? Ceux de l'Agence de santé de l'Outaouais ont eu la chance de passer trois heures avec une spécialiste du yoga du rire. Pour 625 $, elle a enseigné à plusieurs d'entre eux « qu'on peut rire sans raison et que ça fait du bien ». Ils ont également pu assister à une conférence intitulée « La neuroperformance : comment utiliser son cerveau au maximum ». Cette conférence a coûté 2 545 $ aux contribuables. Et pour 882 $, ils ont pu assister à un autre atelier portant le titre évocateur de « À l'écoute du RDI, votre Réseau De l'Intuition ».

Selon un porte-parole de l'Agence de santé de l'Outaouais, c'est à la demande des employés que ce genre de formation est offert. On n'en doute pas : c'est sans doute moins exigeant que des cours d'informatique!

Ce n'est pas la première fois que la Ligue entend parler que l'argent des contribuables sert à soigner le « moi intérieur » des bureaucrates. (en savoir plus...)

Sources : Le Journal de Montréal du 8 juin 2007 (Éric-Yvan Lemay) et site Web de Corus Nouvelles/Info 690 (Marie-Claude Veillette).

Subventions malavisées

Motorola, le géant de la téléphonie sans fil, fermera son centre de conception de logiciels situé dans la Cité du multimédia à Montréal. Nos judicieux politiciens leur avaient pourtant accordé une généreuse aide financière et des avantages fiscaux pour les attirer au Québec en 1999.

On ne sait pas combien d'argent Motorola a épargné grâce à la générosité des politiciens, car le ministère du Revenu considère qu'il s'agit de renseignements confidentiels... La somme pourrait atteindre quelques dizaines de millions de dollars selon certaines estimations. La compagnie n'a évidemment rien à rembourser.

Malgré tout cet argent public, 225 personnes perdront leur emploi le 28 septembre. S'il y a une bonne nouvelle dans cette histoire, c'est que le gouvernement du Québec n'offre plus aujourd'hui le programme d'aide dont Motorola a profité.

Source : Le Devoir du 2 juin 2007 (François Desjardins)

Les politiciens fraternisent à nos frais

Les politiciens fraternisent à nos frais
Les contribuables canadiens paient 3 millions $ par année pour financer 12 associations ou groupes interparlementaires composés de députés fédéraux et de sénateurs. Ces groupes ont généralement pour but de favoriser les échanges ainsi que la coopération avec leurs homologues d'autres pays.

Évidemment, nos politiciens ne manquent pas l'occasion de se rendre à l'étranger pour rencontrer leurs collègues et ces expéditions coûtent cher. Depuis le début de 2006, 54 délégations de députés et de sénateurs ont dépensé près de 1,27 million $ en voyages dans le cadre de leurs activités au sein d'associations interparlementaires. Et la liste des ces groupes risque de s'allonger, puisque nos politiciens viennent d'augmenter discrètement le budget qui sera consacré aux relations avec leurs homologues étrangers. Il passera de 3 millions $ à 4 millions $ par année.

Voici la liste des voyages effectués par les membres des 12 groupes interparlementaires fédéraux depuis 2006. Les députés et sénateurs sont parfois accompagnés de personnel :

Association parlementaire Canada-Afrique
4 délégations : 126 000 $

Association parlementaire Canada-Europe
9 délégations : 292 900 $

Section canadienne de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie
10 délégations : 146 700 $

Section canadienne de l'Association parlementaire du Commonwealth
8 délégations : 95 200 $

Groupe canadien de l'Union interparlementaire
2 délégations : 91 100 $

Association parlementaire canadienne de l'OTAN
1 député : 1 800 $

Section canadienne du Forum interparlementaire des Amériques
1 délégation : 4 900 $

Association législative Canada-Chine
3 délégations : 197 500 $

Association interparlementaire Canada-France
1 délégation : 29 000 $

Groupe interparlementaire Canada-Japon
2 délégations : 91 500 $

Association interparlementaire Canada-Royaume-Uni
Pas de voyage depuis 2006

Section canadienne du Groupe interparlementaire Canada-États-Unis
13 délégations : 191 300 $

Source : The Globe and Mail du 1er juin 2007 (Daniel Leblanc).

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