La banane volante
Dans l'affaire de la banane volante, la porte-parole du CALQ (Conseil des arts et des lettres du Québec) s'est empressée d'expliquer que les projets sont évalués et choisis par un comité composé d'artistes.
Quant au Conseil des arts du Canada, il se fie à l'avis un jury « d'experts et d'artistes » pour accorder des subventions. Et voilà pourquoi on se retrouve à payer pour une banane de 300 m gonflée à l'hélium!
Pour obtenir du financement, les artistes en arts visuels doivent d'abord plaire à leurs pairs qui siègent à ces jurys. Les préférences du public, ou même des collectionneurs, ne sont pas prises en compte. Pire, le système a donné naissance à petite une classe d'artistes privilégiés qui s'octroient des bourses entre eux. Marcel Deschênes, un sculpteur, a d'ailleurs décrit et dénoncé ce système dans un essai intitulé L'art de qui?, dont on peut lire une recension sur le Web.
Bon, va-t-on attendre qu'une autre histoire aberrante du genre banane volante soit rapportée dans les médias? Nous savons bien que c'est seulement une question de temps. Il faut absolument remettre en question la pertinence de subventionner les arts visuels
Il y aurait un marché de l'art au Québec sans les subventions. La seule différence est que les artistes seront obligés de plaire au public et aux collectionneurs, plutôt qu'à une petite clique aux goûts ésotériques. De toute évidence, la doyenne de la Faculté des arts visuels de l'UQAM y appartient : « La banane est une oeuvre éphémère, mais elle fait partie d'une industrie culturelle qui enrichit le Québec et le Canada », a-t-elle déclaré.
Non, Madame, cette banane ne nous enrichit pas. Concrètement, elle nous appauvrit en tant que contribuables!
(Sources : site Web du canal Argent au 9 et 10 janvier, site Web du CALQ et du CAC, magazine Le Québécois libre du 6 décembre 2003)
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