Où va votre argent?
À quelques
jours de Noël, le
gouvernement a offert un gros cadeau à la nouvelle présidente
du Conseil du statut de la femme.
Mme Christiane Pelchat a obtenu un salaire 28 % plus élevé que sa prédecesseure, soit 132 592 $. Voilà qui suscite beaucoup de questions. Incidemment, Mme Pelchat a déjà été députée puis haute fonctionnaire, et elle continuera de toucher la moitié de sa pension. Elle recevra en plus une allocation non imposable de 11 000 $ pour couvrir ses frais de séjour à Québec où se trouve le siège social du Conseil. La présidente sortante ne touchait pas une telle allocation.
Une allocation non imposable? C’est indécent. Rien ne justifie qu’un politicien ou un bureaucrate reçoive une allocation qui soit exempte d’impôt. Ils doivent être traités comme n’importe quel contribuable et à plus forte raison parce que nous sommes ceux qui paient leurs salaires! De plus, ces allocations consistent habituellement en une somme qui est versée sans poser de questions. On ne parle pas ici d'un remboursement de dépenses conditionnel à la présentation de factures. Il est clair que ce genre de privilège doit être aboli, tout simplement.
Pour en revenir à Mme Pelchat, elle devrait absorber ses dépenses de logement comme tout le monde, surtout que son emploi est garanti jusqu’en 2011. Si elle était dans l’impossibilité d’habiter près de son lieu de travail, on aurait peut-être dû nommer une autre candidate à ce poste.
Mme Pelchat devrait renoncer à son allocation non imposable de même qu’à sa pension de députée pour le reste de son mandat à la présidence du Conseil du statut de la femme. De son côté, le gouvernement a le devoir de justifier son importante hausse de salaire sans quoi ce salaire devrait être revu à la baisse. La crédibilité de Mme Pelchat ainsi que celle de l’organisme qu’elle représente en dépendent. Si elle accepte les largesses du gouvernement, comment la prendre au sérieux quand elle nous parlera d’égalité, de solidarité ou de justice sociale?
Espérons que Mme Pelchat n'est pas une de ces aristocrates de notre bureaucratie gouvernementale qui se croit tout permis.
(Source : Journal de Montréal du 23 décembre)
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Le Conseil du statut de la femme
Budget de dépenses : 4,3 millions $
Dépenses de rémunération : 3,3 millions $
Dépenses de fonctionnement : 1 million $
(Source : Budget de dépenses 2006-2007, Conseil du
trésor du Québec)
Le Conseil du statut de la femme est un organisme gouvernemental d'étude et de consultation. Il conseille le gouvernement et fait de la promotion auprès des femmes et du public.
4 millions de dollars par année, ce n’est pas un peu cher payé pour donner des avis au gouvernement, colliger des données et faire la sensibilisation? Pourquoi ne pas sous-traiter la recherche, ou laisser les organismes sur le terrain faire la promotion de la condition féminine? Investir dans la bureaucratie n’est certainement pas le meilleur moyen de changer la vie des femmes que l’on cherche à aider.
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