Réaction au budget 2009 du Québec
Attachez votre portefeuille!
Québec, le 19 mars 2009 – La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, dépose aujourd'hui un budget déficitaire de 3,9 milliards de dollars. Elle nous annonce aussi que le retour à l'équilibre budgétaire ne se fera pas avant cinq ans. C'est désolant, mais il y pire...
Dans l'espoir de sortir de cette impasse, le gouvernement a décidé d'alourdir le fardeau fiscal des contribuables. Cette solution aurait dû être une mesure de dernier recours. Nos politiciens n'ont même pas fait d'effort pour examiner la pertinence de tous les programmes existants, pas plus qu'ils n'ont remis en question la lourdeur de l'appareil gouvernemental. Au contraire, les dépenses augmenteront en 2009-2010 au même rythme que l'an dernier, comme si de rien n'était!
Avant d'augmenter le fardeau fiscal des contribuables, les politiciens devraient avoir la décence de nous prouver que notre argent est bien géré jusqu'au dernier sou. Nous savons bien que ce n'est pas le cas. Ils devraient aussi nous démontrer que le gouvernement est en mesure de nous offrir les meilleurs services à meilleur prix. Mais nos courageux politiciens préfèrent les solutions faciles, et les contribuables devront encore payer.
Le gouvernement a déjà annoncé une hausse de la TVQ de 1 % à partir 2011. Plus inquiétant, tous les ministères et les organismes publics ont reçu la directive de dresser « la liste des services qui ne sont pas tarifés et qui pourraient l'être » d'ici deux ans. Le hic, c'est que nous payons présentement ces services avec l'argent de nos impôts. Si les tarifs augmentent, mais que notre fardeau fiscal ne diminue pas, nous paierons davantage pour les mêmes services. Dans les faits, le gouvernement empochera la différence.
Toutes ces mesures qui alourdiront notre fardeau fiscal seront-elles suffisantes pour atteindre l'équilibre budgétaire dans cinq ans? Non! D'autres initiatives ont été annoncées, mais il restera tout de même 60 % du déficit à combler. Nos bons politiciens avouent ne pas savoir encore où ils trouveront ces milliards de dollars. Attachez votre portefeuille!
En attendant, fidèle à ses bonnes vieilles habitudes, le gouvernement continuera d'emprunter pour payer ses dépenses d'épicerie. La dette nette du Québec augmentera de 16,5 milliards de dollars en deux ans, pour atteindre 145,5 milliards $ en 2011. Cette somme vertigineuse représente une dette de presque 19 000 dollars par Québécois - hommes, femmes et enfants.
Il s'agit d'un véritable boulet pour l'économie, et pas seulement un fardeau qui accablera les générations futures. La dette nous affecte tous, dès maintenant. Cette année, par exemple, le gouvernement devra prélever plus de 6 milliards $ dans les poches des contribuables et des entreprises pour payer les seuls intérêts de la dette. Il s'agit de la 3e dépense la plus importante du gouvernement, après les sommes affectées à la santé ainsi qu'à l'éducation. C'est 6 milliards $ qui disparaissent du portefeuille des contribuables, qu'ils ne peuvent plus utiliser pour consommer ou épargner. C'est 6 milliards $ en moins pour les entreprises qui autrement s'en serviraient pour investir et créer de l'emploi. Ce fardeau retarde donc la reprise économique et ralentit la croissance. Voilà ce qu'on appelle un cercle vicieux!
Ce qui est particulièrement pathétique dans cette histoire, c'est que le gouvernement blâme la crise économique actuelle pour expliquer l'état lamentable des finances publiques. Pas si vite! Les politiciens qui nous ont gouvernés depuis dix ans ont une belle part de responsabilité dans ce gâchis. Rappelons qu'ils ont, depuis 2001, violé l'esprit de la Loi sur l'équilibre budgétaire en déposant des budgets qui étaient dans les faits déficitaires. Le Vérificateur général estime en effet à 5,8 milliards $ les déficits encourus par les gouvernements entre 2001 et 2007. Cette incurie était camouflée par des contorsions comptables, ce qui permettait aux politiciens d'affirmer que leurs budgets étaient équilibrés! Heureusement, l'adoption de nouvelles normes en 2008 nous donne un portrait beaucoup plus réaliste de la situation financière de la province.
Reste que les gouvernements ont fait preuve d'un manque total de courage en ne profitant pas des années de forte croissance économique pour assainir davantage les finances publiques. D'autres provinces l'ont fait, par exemple en réduisant leur dette de manière substantielle. Nos propres politiciens n'ont pas pensé plus loin que le bout de leur nez. Ils ont dépensé, inventé de nouveaux programmes, distribué des subventions, et dépensé encore. Au premier signe de ralentissement économique, pas étonnant que l'on se retrouve au bord du gouffre budgétaire.
[ RETOUR ] [ haut
de la page ]
[ accueil ] [ appuyez-nous! ] [ listes de diffusion ]