La mauvaise foi du ministère des Finances
Dans son discours sur le budget, la ministre des Finances du Québec déclarait que le gouvernement avait « beaucoup consulté les Québécois », notamment en tenant une consultation pré-budgétaire par internet. Selon elle, 70 % des participants croient que des déficits étaient « nécessaires pour protéger les emplois et les services aux citoyens ».
Vraiment? Devinez quoi : 45 % des répondants, soit la plus grande proportion des participants, sont d'avis que le gouvernement devrait réduire les dépenses dans certains programmes et services afin d'atténuer les impacts de la crise! 40 % des répondants privilégiaient la suspension des versements au Fonds des générations, alors que seulement 15 % ont indiqué l'augmentation des tarifs comme premier choix.
C'est ce que révèlent des documents obtenus par la Ligue des contribuables en vertu de la Loi d'accès à l'information (maintenant Loi d'accès aux documents).
En ce qui concerne les déficits, 70 % des participants ont répondu qu'ils étaient bel et bien d'accord pour qu'il y en ait un cette année, mais la question laissait entendre qu'il serait remboursé tel que stipulé dans la Loi sur l'équilibre budgétaire. Nous savons maintenant que le gouvernement va modifier cette loi pour se soustraire au remboursement. De plus, la question concernait un seul déficit, alors que le présent budget prévoit cinq années déficitaires de suite.
De toute évidence, le gouvernement a dénaturé les résultats de cette consultation populaire. Il a tenté de s'en servir pour nous faire croire que son budget, qui maintient la croissance des dépenses et annonce des déficits à la chaîne, est le reflet d'un consensus au sein de la population.
C'est de la mauvaise foi. Qu'on ne s'étonne pas du cynisme grandissant des citoyens envers la classe politique en général. Quand nos politiciens tiennent une consultation, écoutent-ils vraiment les citoyens ou font-ils semblant afin de se donner bonne conscience?
On sait par contre que le gouvernement a écouté attentivement les groupes de pression. Les plus puissants d'entre eux, dont les syndicats et plusieurs associations patronales, ont accueilli favorablement ce budget malgré qu'il soit une honte à bien des égards. Et les contribuables dans tout cela? On nous dore la pilule, mais c'est nous qui allons encore payer!
***
Voir les résultats de la consultation internet dont il est question dans cet éditorial, tels que le ministère des Finances nous les a transmis...
Lire aussi notre réaction au budget 2009 du Québec...
[ RETOUR ] [ haut
de la page ]
[ accueil ] [ appuyez-nous! ] [ listes de diffusion ]