Ligue des contribuables du Québec

Musée des horreurs

Orgies dépensières de Lise Thibault, ancienne lieutenant-gouverneur du Québec

Salaire annuel : 110 800 $ (payé par le fédéral)
Allocation de dépenses, du fédéral : 147 000 $
Allocation de dépenses, du provincial : 858 000 $
Comptes à rendre : aucun!

Lise Thibaut, ancienne lieutenant-gouverneur du Québec, est au centre d'une controverse depuis que le journaliste Mathieu Boivin (Journal de Montréal) a attiré l'attention sur ses réclamations de dépenses exorbitantes. Les vérificateurs généraux du Québec et du Canada ont enquêté, mais la vérité est que Mme Thibaut n'a jamais eu de compte à rendre à personne. En effet, bien peu de mesures de surveillance sont en place pour s'assurer que les allocations versées aux lieutenants-gouverneurs soient bien dépensées.

Mme Thibault estime toujours qu'elle a été attaquée injustement.

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Rien de trop beau pour la princesse

Mme Thibault menait un train de vie somptueux avec l'argent des contribuables, même dans le cadre de ses fonctions. Voici donc quelques exemples de dépenses extravangantes, dans ces cas-ci des réclamées au gouvernement fédéral.

On constate également que Mme Thibault est devenue plus gourmande avec les années. En 1997-98, elle avait demandé au gouvernement fédéral des remboursements totalisant 135 000 $. Cinq ans plus tard, elle leur réclamait 223 000 $, soit 90 000 $ de plus! Mme Thibault était alors le lieutenant-gouverneur le plus dépensier du pays. À partir de 2004, le gouvernement fédéral change sa politique et octroie une allocation fixe de 147 000 $ aux lieutenants-gouverneurs du pays plutôt que d'exiger des factures.

Troublantes irrégularités

Mais il y a plus troublant que le train de vie royal de Mme Thibault dans cette histoire. En effet, certaines réclamations soulèvent de sérieuses questions…

Et, pour couronner le tout, les fonctionnaires fédéraux ont parfois tenté, sans succès, d'obtenir plus de détails sur certaines réclamations, comme par exemple l'identité des personnes présentes à des repas. Les assistants de Mme Thibault auraient refusé de divulguer ces renseignements, prétextant qu'ils étaient de nature « personnelle ». Comme attitude hautaine et méprisante envers les contribuables, difficile de faire mieux.

Dépenses personnelles et familiales

D'autres documents révèlent que notre ex-lieutenant-gouverneur a été remboursée pour des dépenses n'ayant rien à voir avec ses fonctions officielles, ou d'autres qui auraient été encourues par des membres de sa famille. Les vérificateurs en ont trouvé pour plus de 200 000 $ jusqu'à maintenant. Cependant, les bureaucrates devaient être au courant qu'elle se livrait à cette pratique puisqu'ils ont heureusement refusé de rembourser quelques factures. Voici des exemples de réclamations douteuses :

Conclusion de l'histoire?

Le mandat de Mme Thibault a pris fin le 7 juin 2007. Elle était entrée en poste le 30 janvier 1997. Pour avoir occupé le poste de lieutenant-gouverneur, elle recevra une pension d'environ 33 000 $. Elle aura droit à d'autres rentes de retraite pour avoir occupé au cours de sa carrière les postes de vice-présidente de la CSST et de PDG de l'Office des personnes handicapées du Québec.

Pour tout savoir sur l'affaire Thibault, voir aussi les nombreuses entrevues que nous avons accordées à la radio et à la télévision depuis juin 2007.

À propos de la fonction

Le lieutenant-gouverneur est le représentant de la Reine et sa fonction est d'abord protocolaire. Il doit confirmer les membres du Conseil des ministres et leur faire prêter serment. Il est aussi chargée de sanctionner les projets de loi. En juin 2006, Mme Thibault serait partie jouer au golf en pleine fin de session parlementaire, une période durant laquelle de nombreux projets de lois sont adoptés. La semaine précédente, elle se serait absentée alors que cinq autres projets de lois attendaient sa signature.

Sources : Le Journal de Montréal du 15 février, 14 février, 12 février et 9 février 2007 (Mathieu Boivin), Le Devoir du 10 et 11 février 2007 (Alexandre Shields), The Globe and Mail du 10 février 2007 (Daniel Leblanc et Rhéal Séguin).